Diabète et travail, un grand besoin d’évolution ! (Partie 2/2)

Publié le par Diabète LAB - 20 octobre 2017

Dans un précédent article, Emmanuel, Frédéric et Martine ont expliqué « leur choix » d’annoncer ou pas leur diabète au travail. Vous pouvez lire ou relire leurs témoignages ici. Dans cette seconde partie, on vous propose de lire la façon dont ils évoquent leurs besoins en termes d’accompagnement par et dans l’entreprise.

 
Freepik ©

Un besoin d’informations sur les métiers

Emmanuel travaille dans le domaine de la maintenance, dans l’industrie lourde, « un métier qui n’est pas des plus faciles ». Cela  nécessite des interventions mécaniques, à 10-15 mètres de haut, « je n’ai pas choisi le plus simple ! ». Il n’y a pas d’anticipation des obstacles possibles selon lui car on n’est pas préparé. S’il avait su les difficultés du métier, il n’aurait peut-être pas choisi cette voie ou l’aurait fait en toute conscience. C’est pourquoi il aurait souhaité être mieux conseillé, par un patient ou un professionnel qui exerce le même métier que lui. Car lorsqu’on est jeune, « l’énergie ne manque pas bien sûr, mais à cause de la maladie cela peut vite devenir difficile ».

Une aide pour remplir le dossier RQTH

Selon Frédéric, la mesure innovante serait de favoriser la transmission d’informations, notamment en entreprise, sur la gestion du diabète au travail. Par exemple, c’est une infirmière qui a proposé à Frédéric de remplir le dossier pour une RQTH (Reconnaissance de la Qualité de Travailleur Handicapé). Elle lui a expliqué pendant 15 minutes en quoi cela consistait et ce que cela impliquait. Cette heureuse rencontre, Frédéric souhaiterait qu’il n’y ait plus de hasard, que ces informations puissent être diffusées au sein de l’éducation thérapeutique du patient.

Un aménagement de son poste de travail

« Comme c’est une maladie très peu connue auprès des employeurs », Martine n’a bénéficié d’aucun aménagement spécial. « Et je n’ai pas eu besoin d’aménager mon rythme de travail ». En revanche, indépendamment de la maladie selon elle, son comportement avait changé vis-à-vis de certaines personnes « J’étais moins incisive au travail, mais je ne pense pas que ce soit lié au diabète ». Sa direction, elle, a supposé que c’était au contraire dû à sa maladie.

Une situation différente pour Frédéric. Le management de ses supérieurs ne lui offrait pas la flexibilité qu’il désirait. « S’il faut que je me « resucre », si je ne me sens pas bien, si j’ai envie de faire une pause. Il faut un peu de liberté ».  Il n’y a que récemment que son entreprise « a desserré la vis » en créant une « mission handicap ». Un dispositif spécifique à sa société, en charge du maintien à l’emploi des personnes handicapées. « Aujourd’hui les personnes diabétiques (Ndlr : entre autres) de mon entreprise bénéficient d’un statut – on ne va pas dire privilégié – mais on est pris en compte ».

« Par exemple, j’ai une liberté totale sur les horaires »

Une mission handicap, c’est quoi ? Frédéric la présente comme une équipe d’une dizaine de personnes qui traite les dossiers d’aménagement de postes des salariés en situation de handicap. Achat de clavier en braille, appareils auditifs ou alors pour les personnes diabétiques, la mise en place d’une organisation qui les libère de certaines contraintes. « Par exemple, j’ai une liberté totale sur les horaires, je n’ai plus à justifier d’arriver à telle ou telle heure ».

Parler du diabète au travail pour mettre en place des actions…

Suite à sa formation de Bénévole Patient Expert, Emmanuel est allé voir son Directeur des Ressources Humaines pour lui en parler, et proposer une journée de dépistage et d’information dans l’usine avec une infirmière en vue de la Journée Mondiale du Diabète. Sa proposition a été accueillie avec enthousiasme, ce qui a donné envie à Emmanuel de s’investir au CHSCT (Comité d’Hygiène, de Sécurité et des Conditions de Travail) de son entreprise. Cela lui donne un rôle de référent auprès de ses collègues, qui le sollicitent sur des problématiques diverses liées à la vie en entreprise.

Depuis, s’est mis en place un « accord (Ndlr : dans l’entreprise) sur les maladies chroniques ». Concrètement, Emmanuel doit seulement donner une attestation lorsqu’il doit s’absenter pour ses bilans médicaux à l’hôpital. Ainsi sa journée est accordée et payée. « De nous donner la liberté de faire nos examens sans nous pénaliser, c’est déjà une mesure sociale très avantageuse ». Frédéric précise que les consultations chez les spécialistes n’ont pas à faire l’objet d’une autorisation ou d’une négociation, le code du travail l’imposant déjà aux employeurs. Ces heures prises sur le temps de travail sont décomptées, mais dans le cas décrit par Emmanuel, la rémunération dépend des accords d’entreprises. Cet avantage ne concerne donc pas tout le monde.

« Ce n’est pas à l’entreprise de me prendre par la main »

Aussi, grâce à Emmanuel, la cantine de l’entreprise propose des plats plus « light » et équilibrés.Ces mesures lui suffisent, « je ne vais pas utiliser mon diabète pour obtenir des différences, c’est hors de question. Ce n’est pas à l’entreprise de me prendre par la main ».

Découvrez le guide de la Fédération Française des Diabétiques sur le thème du diabète et du travail

RV sur : http://blogdiabetelab.afd.asso.fr/category/actualites/

RV sur : http://blogdiabetelab.afd.asso.fr/category/actualites/

Publié dans L'Info

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article